Vous êtes passé à côté du phénomène du logiciel libre... un rattrapage s'impose.
Héritant de l'ambiguïté du mot free qui peut aussi bien signifier la liberté que la gratuité, la notion de logiciel libre (free software) porte en elle ce double sens, mais c'est ici avant tout la liberté qu'il faut privilégier, la gratuité n'étant que la liberté d'utilisation du logiciel.
En effet, l'idée du logiciel libre est originellement issue de quelques informaticiens à l'esprit libertaire ; et c'est sans doute dans ce dernier mot que l'on trouve le sens le plus profond du logiciel libre, en opposition au monde purement commercial des sociétés informatiques et des logiciels propriétaires (mais pour assurer leur liberté, les logiciels libres relèvent eux aussi de licences).
Ce monde de l'informatique a d'ailleurs longtemps été fort dubitatif envers le logiciel libre, forgeant ainsi un vrai clivage entre lui et le monde (du) libre. Et certes, il y a, semble-t-il, de quoi être dubitatif : la gratuité n'a-t-elle pas toujours, quand bien même serait-elle conçue comme liberté d'utiliser, quelque chose de douteux : ce qui est gratuit ne l'est-il pas parce qu'il ne vaut en soi pas grand'chose? En somme, un simple gadget ou appât commercial. Or, c'est tout l'inverse qui est vrai au sujet du logiciel libre, et celui-ci sort lentement mais sûrement de ce malentendu.
Son maître-mot, synonyme de liberté, est ouverture : standards informatiques ouverts, interopérabilité, codes informatiques disponibles à l'audit et à l'amélioration de tout informaticien qui en est capable et qui le souhaite (ce en quoi consiste stricto sensu l'open source), d'où une amélioration accélérée (en terme de fonctionnalités mais aussi de déboguage) des logiciels libres. Nul doute d'ailleurs que l'essort d'Internet, ce réseau ouvert à l'échelle mondiale, doit immensément au logiciel libre.
Il a aujourd'hui conquis ses lettres de noblesse et a convaincu des géants de l'informatique tels qu'IBM, Sun Microsystems, Novell ou Apple (Mac OS X est un dérivé du système d'exploitation libre FreeBSD) mais aussi l'Etat français, entre autres, et tout particulièrement la DGI. Son expansion génère de nouveaux modèles économiques orientés non plus sur la rétention technico-commerciale du client mais sur la seule qualité de service rendue à ce client.
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